Deux vies.Chapitre 22 : Sur un fil.

Deux vies.Chapitre 22 : Sur un fil.
Avant de commencer toute chose, je vous préviens que l'article au dessus parle de ma nouvelle fiction Hors TH. Si jamais il y en a que ça intéresse (je répète, uniquement ceux qui veulent). Il y a le lien et la présentation de la fiction juste au dessus. Voilà. =)

***

Musique

_ Eina !
Des hurlements hystériques criant mon prénom me réveillent. Un mal étrange parcoure toute la courbe de mon dos. Mes paupières s'entre-ouvrent petit à petit, me laissant découvrir la lumière du jour ayant remplacé les éclairs lointains de la veille. Je me relève du sol et laisse échapper un léger gémissement de douleur. Mes yeux sont rougis, mes cheveux ébouriffés dans tous le sens. Je remarque la photo d'hier soir, tombée par terre. Je m'accroupis et la ramasse. Je l'observe sans prononcer un seul mot. Ma mémoire a réintégré mon corps dans la nuit, toute ou presque. Je me souviens d'un logis délabré, construit de pierres. De vieilles marches à peine construites. Je me rappelle d'une famille joyeuse bien que pauvre. Je me rappelle qu'un homme m'avait prise sur ses genoux pour m'apprendre à dessiner des étoiles. Je me rappelle d'avoir joué avec un enfant avec des billes. Deux pauvres gamins assis sur de la terre battue, cherchant à s'amuser avec ce qui les entourait...
_ Nanounette, chantonne-t-on dans le couloir, tu m'ouvres grosse feignasse !
Je reconnais la voix d'Alex et esquisse un vague sourire. Je fourre la photo dans une de mes poches et me relève pour aller lui ouvrir. J'ai l'impression de tituber, comme si j'avais perdu l'habitude de marcher. Posant ma main sur la poignée, je l'abaisse dans un mouvement pour permettre à mon amie de se faufiler à l'intérieur.
_ T'en a mis du temps ! s'exclame-t-elle, ça te réussis pas les vacances.
J'acquiesce d'un signe de tête et pars m'asseoir sur le lit. Alexane fronce les sourcils et ferme la porte derrière elle avant de s'approcher de moi et m'interroger du regard. Mais c'est à peine si je m'en rends compte. Une impression désagréable s'installe en moi, celle que tout m'échappe, que ma vie s'enfuit de mon être à toute vitesse, si vite qu'il m'est impossible de la rattraper pour l'empêcher de me laisser seule avec mon passé, seule avec quelque chose que je ne connais pas. C'est comme si tout ce que j'ai vécu n'avait été que mensonge, que tout n'avait été que futilité et que l'on m'avait envoyé dans un monde inconnu sans mon accord.
_ Eina, ça ne va pas ? s'inquiète Alexane
Monde dans lequel je n'ai plus l'impression d'avoir ma place. Place que finalement je n'ai jamais eu puisqu'elle ne m'était pas destinée. Place offerte, place volée. Tout ce que je croyais connaitre s'écroule, comme un bloc de sable dur sur lequel on refermerait le point afin qu'il ne devienne plus que poussière. Milliers de grains dissipés dans l'atmosphère, distribué par un je ne sais quoi qui eut décidé un beau jour qu'il devait les séparer.

_ Oh ! Eina, tu m'écoutes ! insiste Alex.
Je relève enfin la tête vers elle. Mes yeux brillants sous la quantité d'eau qui les remplit petit à petit croisent les siens. J'y retrouve de l'incompréhension, et je sais que dans mon regard, elle peut lire ce message angoissant. Je ne me retrouve plus dans son univers, je ne me retrouve plus dans sa vie, je ne me retrouve plus dans le luxe, je ne me retrouve plus dans mes souvenirs d'enfants. Tout ce que j'étais s'évade de mon âme, crisse sous le poids de la rage, hurle sous l'arme du désespoir, s'efface devant une culpabilité si soudaine.

_ Eina, tu me fais peur, dit-elle dans un sanglot, dis-moi ce qui se passe.
C'est comme si un beau jour ma vie m'avait été retirée Alex... c'est comme si j'avais encore cinq ans et que je ne comprenais pas pourquoi ma mère décidait de m'abandonner. C'est comme si je me réveillais après treize années de sommeil alourdissant. Comme si tout était à refaire.
_ Eina ! hurle Alex.
Je sanglote, laisse mes pleurs s'enfuir, ma vie se reconstruire. Alexane me supplie de ses yeux verts émeraudes, elle me secoue légèrement en espérant me faire réagir. J'ai tout perdu.

_ Il avait de l'orage... que j'arrive à souffler.
_ Quoi ?
_ De l'orage,
je répète, il y avait de l'orage hier.
Elle fronce les sourcils, se demandant peut-être si je ne deviens pas folle. Elle pose sa main sur mon front, vérifiant ma température. Je lui souris avec innocence, essayant de rester ici alors que mon c½ur s'envole au-delà des montagnes, au-delà du temps, au-delà d'Eina Kander.
_ L'orage t'a fait peur ? demande Alex.
Je fais signe que non. Un sourire triste s'est emparé de mes lèvres et ne veut pas me laisser l'effacer. Je sens mon c½ur taper contre ma poitrine. Je me bats pour garder l'esprit ici et non pas ailleurs. Je lutte contre mon âme qui veut courir sur les lignes de mon existence, je tente par tous les moyens de ne pas m'évader à mon tour mais jamais encore le combat n'avait été aussi difficile.

_ Il t'est arrivé quoi Eina ? Parle-moi...
_ Je ne sais pas qui je suis Alex. Regarde...
_ Regarder quoi ?
_ Ma vie n'était qu'un mensonge.

Ce n'était qu'un rêve, ce démon qu'est le monde des rêves. Je secoue la tête, essayant de me ramener sur le chemin qu'hier encore j'empruntais. Pourquoi a-t-il donc fallu que cette photo soit dans ma chambre, pourquoi a-t-il fallu que je n'ai non pas une vie mais deux. Pourquoi a-t-il fallu que l'on m'empêche d'en connaitre une pour mieux me placer dans l'illusion de l'autre.
Je remarque avec un grand retard qu'Alexane s'est en allée. Pourquoi, où ça ? Peu importe. Je me relève et tire les rideaux pour observer à travers la fenêtre. Le soleil est éblouissant aujourd'hui. Des enfants courent sur la plage, d'autres expérimentes les divers toboggans des piscines à nos dispositions. La mer est houleuse, ses vagues dangereuses. Un drapeau rouge est hissé pour nous en donner l'information. Je pose ma main sur la vitre et plonge mes yeux dans le ciel bleu clair. Je me sens à l'étroit, comme dans ces cases d'ascenseur. Je me demande même quand est-ce que je vais suffoquer, quand est-ce que je vais étouffer.
Une main se pose brusquement sur mon épaule, je sursaute de très peu et tourne légèrement la tête, Bill me donne un regard mystérieux et pleins de questions. Alex est derrière lui, je comprends qu'elle était partie le chercher.

_ Ça ne va pas Eina ? interroge-t-il.
Je cligne des yeux et secoue la tête de haut en bas. Il pose son regard sur ma main qui glisse sur la vitre de la fenêtre, posant la sienne dessus avant de lier nos doigts les uns dans les autres. Je pleure sans même m'en rendre compte, des larmes défilent devant mes yeux, elles trempent mon tee-shirt et me trahissent. Elles montrent ma faiblesse, elles clarifient le vide qui s'installe dans mon être, elles jugent nécessaire de le leur montrer, leur montrer que je ne suis plus, leur montrer que c'est fini.

_ Qu'est-ce qui se passe, chuchotte-t-il.
_ Je me suis perdue...
Il fronce les sourcils et remarque que quelque chose sort de ma poche. Il le retire avec souplesse et découvre la photo. Son regard semble égaré et irrité. Je pose ma main sur sa joue, la lui caressant gentiment de mon pouce pour lui faire comprendre que je suis désorientée. Il plante ses yeux dans les miens et m'embrasse le front.
_ Je peux te prendre cette photo ? Je te la rends rapidement, dit-il.
J'accepte sans y réfléchir. La photo trouve sa nouvelle destination dans la poche du chanteur qui m'enlace ensuite tendrement. Je sens ses doigts longer ma colonne vertébrale. Il me vole un baiser et s'échappe de la chambre, suivi de près par Alexane qui me lance un dernier regard triste. Elle baisse la tête et ferme la porte derrière elle, me laissant un silence sinistre pour seul compagnie.
Les battements de mon c½ur reprenne leur allure démesurée, mon regard se fortifie, en devient même menaçant. J'ai enfin trouvé mon but, je dois retrouver ma mère biologique, comprendre pourquoi elle m'a laissée, savoir qui je suis et connaitre l'identité de ce garçon, près de moi sur cette photo. Savoir qui il est et ce qu'il est devenu. Oui c'est fini, pour mieux recommencer.


[Point de vue externe]

_ C'est quoi cette photo ? interrogea Alexane, les yeux inondés de larmes.
_ C'est Eina, la petite bouclée, c'est elle.
Alexane posa une main sur sont front et secoua la tête, comme si elle ne voulait pas croire ce qu'elle venait de voir. Elle aussi, les battements de son c½ur avaient redoublé d'allure en voyant un tel néant dans les yeux de son amie. Ce qui lui déchira le plus le c½ur avait été de voir tant d'indifférence dans les yeux d'Eina, si peu de vie.
_ Est-ce que ça a un rapport avec l'un de vous ?
Bill hocha la tête pour seule réponse. Lui, il savait tout depuis le début. Cela le mettait mal à l'aise d'avoir à cacher tant de chose à sa petite blonde alors qu'il aurait été tellement important pour elle de connaitre la vérité. Il savait bien ce qu'elle devait ressentir à ce moment là et ça le rendait nerveux, agacé, crispé. Méchamment, doucement, il avait l'impression de mourir à l'intérieur de cet univers en même temps qu'elle.
_ Retrouve ta s½ur Alex, réconcilie-toi avec elle. C'est ce que te demanderais Eina en ce moment même si elle le pouvait.
La brunette releva la tête et chercha à comprendre ce qu'il insinuait. Cependant elle ne vit rien. A part le même néant qu'elle avait trouvé dans les yeux d'Eina. L'aimait-il à tel point qu'il avait ressenti sa douleur ? Ou n'était-ce que de la compassion, de la pitié, de l'altruisme...
Bill ne lui adressa plus aucun mot avant de s'échapper, traversant les nombreux couloirs de l'hôtel. Il avait la photo dans ses mains, la serrait de toutes ses forces, résistant à l'envie de la déchirer en milliers de morceaux avant de les jeter à la mer. Parce que ça lui avait fait mal à elle, et il était prêt à tout pour lui redonner le sourire. Prêt à tout pour revoir des étoiles briller à l'intérieur même de ses pupilles. Prêt à tuer, s'il le fallait.
Il entra nonchalamment dans la chambre de Georg, faisant claquer la porte au passage. Le bassiste sorti de la salle de bain, l'air interrogateur. Bill avait les poings serrés et il leva son bras droit, montrant clairement à Georg ce que contenait sa main.

_ C'est toi qui a été mettre ça dans la chambre d'Eina ?
Le bassiste fit signe que non et s'approcha du grand brun. Il lui arracha la photo des mains et la regarda avec tendresse, avec nostalgie.
_ Je suis sérieux Georg, insista Bill, si c'est toi t'es vraiment nul !
_ Je t'ai dis non, ce n'est pas moi.
_ Je ne rigole pas
, s'énerva le chanteur, Eina est bouleversée ! Elle donne l'impression d'être sur un bûcher !
_ Arrête de me hurler dessus ! Autant que toi je veux son bien, sinon plus !
_ En attendant, tu rêves qu'elle se souvienne de toi.
_ Tu commences sérieusement à m'agacer Bill. Si je ne lui ai toujours pas dis c'est pour ne pas la brusquer. Jamais je ne pourrais lui vouloir du mal, même si c'était pour me libérer d'un poids à moi ! Compris ?!

Bill se tut et respira bruyamment. Il se massa les tempes pendant que Georg observait toujours la photo. Il ouvrit un album qui était posé sur le bureau et feuilleta les pages. En effet, une photo manquait.
_ Elle se souvient ? s'inquiéta-t-il.
_ Je ne crois pas. Pas entièrement en tout cas. Elle est juste très choquée. Je ne sais pas ce qui s'est passé hier soir.
Georg paru réfléchir quelques instants tandis que Bill s'était assis sur le canapé, la tête posée sur les genoux. Le bassiste se demandait qui pouvait bien avoir prit cette photo. Qui pouvait avoir accès à sa chambre et pouvait vouloir du mal à Eina. Qui d'autre pouvait être au courant pour avoir l'idée de mettre cette photo dans la chambre. Une seule personne lui vint à l'esprit...
_ Shanzey.

***

C'est moitié triste, je le sais. Mais en commençant cette fiction, vous deviez vous douter que tout ne serait pas joyeux lorsqu'elle commencerait à comprendre.
J'attends vos avis sur ce chapitre avec impatience.
Bien, pas bien, médiocre ? Dîtes-moi tout.
Sinon, je ne me souviens plus si je vous l'ai déjà dis ou non mais deux fois valent mieux qu'une : bonnes vacances. ;)

Gros HS : J'ai bientôt 18 ans ! Yihaaa ! =D

# Enviado el lunes 13 de julio de 2009 09:15

Modificado el martes 14 de julio de 2009 06:34

Deux vies.Chapitre 23 : Quel bazar...

J'attache mes cheveux et change de vêtements. Le miroir me renvoie une image affreuse mais je n'en tiens pas compte. Je me contente de soupirer et de sortir dans les couloirs à la recherche du chanteur. Les murs blancs cassés me donneraient la nausée aujourd'hui. Les dorures qui accompagnent les portes aussi. Je me sens épuisée, ma tête est lourde, bien trop lourde, on dirait du plomb. Mes jambes se trainent, me font à peine avancer.
En descendant les escaliers je me rappelle de ma première rencontre avec Tom. Je me souviens de mes allures de petites gamines riches et en vomirais presque. Alors qu'à l'époque, c'était lui qui m'éc½urait.
J'arrive dans l'un des grands salons de l'hôtel, sachant qu'ils trainent généralement par là. Mais je ne retrouve que Shany ce jour là, accompagnée du guitariste.

_ Il est où Bill ? je demande.
_ Boucle d'or cherche son cher et tendre, ironise Tom.
_ Où est-il ?
_ Parti pêcher pour apporter à manger dans la maison de papa Ours.

Je le regarde d'un air sévère mais il ne trouve rien de mieux que de rire. Il pose sa main sur sa casquette et la réajuste. Je remarque que derrière lui, Shany a le même air triste qu'hier. Elle n'écoute même pas la conversation, préfère s'asseoir sur un canapé et observer quelque chose d'inconnu dans l'un des coins de la pièce.
_ Shany, tu sais où est Bill ? je tente.
_ Shanzey.
Je fronce les sourcils, commençant à m'énerver légèrement. Mes poings se ferment, se serrent, puis se desserrent. Elle ne daigne pas me regarder et reste le regard vide, obnubilée par un point imaginaire. Je m'approche alors d'elle et l'oblige à me regarder en face. D'un regard je lui fais comprendre que je ne suis pas d'humeur à plaisanter.
_ Shany ou Shanzey ça ne change rien pour moi alors je vais le répéter une dernière fois : où est Bill !
_ Je n'en sais rien. Ne t'énerve pas.

Je soupire et m'enfuis en bousculant Tom. Ce dernier rigole et me retient en me tirant le bras. Je m'apprête à lui crier dessus seulement il est plus rapide que moi.
_ Il arrive ton Bill.
Je tourne la tête dans la direction qu'il indique. En effet, le grand brun se présente à nous d'un pas décidé. Il fronce les sourcils en me voyant dans les parages. Tom plaisante en lui expliquant que j'aurais fait un arrêt cardiaque s'il n'était toujours pas là dans la minute qui suivait. Je l'ignore et me précipite sur Bill.
_ Tu as la photo ?
_ Tu vas mieux ?
demande-t-il en évitant soigneusement de me répondre.
_ Bill, il me faut la photo.
Il fronce les sourcils et pose une main sur ma joue, puis sur mon front. Son frère nous détaille d'un air dubitatif, cependant il ne fait aucune remarque.
Le chanteur détourne ses yeux pour les projeter dans un regard malveillant sur Shany. Il s'approche d'elle à pas menaçants tandis qu'elle ne semble pas s'en rendre compte, toujours un peu perdue ailleurs, comme si quelque chose la fascinait. Toutefois, il me semble qu'elle n'est fascinée par rien du tout dans cette pièce mais seulement torturée par une idée, une pensée dont j'ignore le contenu. J'ai retourné la conversation que j'avais eue avec elle hier dans tous les sens mais rien. Je n'ai rien découvert. J'ai beau retracer minutieusement chacun de ses gestes, répéter dans les moindres détails les mots qu'elle a prononcé, mon esprit refuse de m'éclaircir.

_ C'est toi qui a été mettre cette photo dans sa chambre ? cracha Bill d'un ton exécrable.
La blonde relève les yeux vers lui, impassible. Elle regarde la photo, ma photo, et secoue la tête de droite à gauche en guise de réponse.

_ Ah oui ? s'énerva Bill. Alors tu veux bien me dire qui est-ce qui a été la mettre ! Il n'y a que toi qui était au courant et qui pouvait prendre cette photo.
_ Ce n'est pas moi je te dis.

Je fronce les sourcils rudement et m'approche de Bill. Je tire sur son poignet en espérant récupérer ce qu'il tient dans ses mains mais rien à faire. Il l'éloigne de moi et me regarde sévèrement.
_ Donne-moi ça Bill, tu m'avais dis que tu me la rendrais !
_ Oui, et bien j'ai changé d'avis.
_ Pourquoi !
j'hurle. ça ne te regarde pas ! Donne-moi cette photo !
_ J'ai dis : non.

Je ferme mes poings violemment, prête à me jeter sur lui s'il le fallait. Shany soupire tandis que mon chanteur lui lance un regard noir plein d'hostilité.
_ T'as pas le droit Bill !
_ Pourquoi t'as fait ça ?
demande-t-il à Shany en m'ignorant. ça t'avance à quoi de lui faire du mal ?
_ Ce n'est pas moi Bill, soupire-t-elle. Il faut que je te le dise comment ?
_ T'étais la seule à le savoir.
_ Mais savoir quoi !
je crie, agacée.
_ Je n'étais pas la seule, loin de là, continue Shany, comme si je n'étais pas là.
_ Ah oui ? Et qui d'autre le savais ?
_ D'abord Georg, pour moi ce ne peut être que lui qui ai fait ça, il voulait qu'elle sache. Moi je n'ai aucun intérêt là-dedans.

Ils le font exprès ? J'ai l'impression d'être complètement invisible. Les deux continuent leur discussion dont je ne comprends même pas le refrain pendant qu'à côté, je me sens perdue et complètement seule. J'ai l'impression d'exploser, mes nerfs sont à bout. Chacun semble connaître ma vie, je suis la première concernée et c'est à moi que tout échappe.
_ Ce n'est pas Georg, j'ai parlé avec lui ! crie toujours Bill.
_ Et tu crois tout ce qu'on te dit ?
Je soupire et renonce à prendre la photo dans les mains de Bill. Tant pis, je me débrouillerai seule. Puisque personne ne veut m'aider. Je m'éclipse de la pièce sans qu'aucun d'eux ne s'en rende compte, ils sont trop préoccupés à savoir qui a voulu m'aider à retrouver le chemin de mon existence. Je secoue la tête, en colère.
Arrivée dans ma chambre je sors mes valises et retire tout ce qui se trouvait dans l'armoire. Je balance tout à l'intérieur de mes bagages sans prendre le temps de plier quoi que ce soit. J'ai un peu de mal à fermer la fermeture mais y parvient tout de même au bout de nombreux efforts. Je respire une dernière fois de toutes mes forces, remplissant mes poumons d'oxygène, rejetant ensuite l'air doucement, calmement. Les yeux fermés, j'ai l'impression de revivre, mon âme se libère, mon corps se purifie.
Lorsque je rouvre les paupières, le soleil me semble bien plus lumineux que deux minutes avant. Un vague sourire prend place aux coins de mes lèvres. Je prends mes affaires et sors de la chambre, laissant la porte ouverte, la clé posée sur le bureau. Je descends les escaliers, prête à partir sans aucun remord. Prête à retracer ma vie, à chercher ce qui me manque, chercher ce qu'on me cache. Dans l'accueil, je passe à côté de Bill et Shany qui se disputent toujours. Le brun arrête de s'étouffer avec ses cris pendant quelques instants et me regarde, perplexe. Le temps qu'il comprenne que j'ai décidé de m'en aller, je suis déjà dehors, sur les chemins de l'hôtel. Bill se remet alors à hurler, mais sur moi cette fois-ci. Je l'ignore, continuant ma route.

_ Où tu vas ! s'exclame-t-il.
Je ne hausse même pas les épaules pour lui donner un semblant de réponse. Je mets un pied devant l'autre, rapidement, frénétiquement, énergiquement.

_ Aïcha !
_ Eina,
je réponds, blasée.
_ Eïna, Eïna, écouteuuuh-moi ! Eïna, Eïna, t'en vas paaaas !
Il m'énerve. Ce mec est une vraie tête à claque quand il s'y met. Je me stoppe et soupire inlassablement, prenant ma tête dans mes mains.
_ Arrête le massacre Bill, tu veux ? je supplie.
_ Je te dédicace une chanson et tu m'engueules ! Tu sais que des millions de filles voudraient être à ta place ?
_ Ah, tu crois qu'il y a autant de filles désespérées que ça ?
_ Merci
, répond-t-il ironiquement.
Je me retourne vers lui, basculant toujours la tête de chaque côté. Je lâche mes bagages et m'avance près de lui. Il prend mes mains dans les siennes et sourit. Une fine goutte d'eau s'échappe de mes yeux. Il m'embrasse la joue et je me laisse porter dans ses bras.

_ Dis-moi ce que tu sais, s'il te plait. je l'implore.
_ Ce n'est pas à moi de le faire mais ne t'en va pas, chuchote-t-il.
_ Il faut que je retrouve ma famille, j'en ressens le besoin.
Il se tait. Je sens ses doigts caresser lentement ma colonne vertébrale. Je sais bien qu'il a les réponses à mes questions, cela m'exaspère. Je lève le regard vers lui, attend une réponse. Il préfère tourner la tête, m'ignorer, rester en silence.
_ Qui est Georg ? j'ose demander.
_ Pourquoi tu demandes ça ?
_ Je ne suis pas stupide Bill, alors ne te comportes pas comme si je l'étais.
_ Ecoute, je ne veux pas t'en parler, ce n'est pas à moi de le faire !
_ Dans ce cas, je me barre !

Je me sens vraiment à bout de nerfs, d'humeur changeante, trop changeante. C'est à en devenir fou. Bill se tape le front et me suis comme un véritable labrador. Je lui lance un regard furibond, lui demande une dernière fois de s'en aller et augmente l'allure.
_ Eina ne fais pas n'importe quoi ! Et Alexane ! Tu l'oublies ?
_ Alex s'amusera très bien sans moi.
_ Et que comptes-tu faire là-bas ?
s'énerve-t-il, tu ne les retrouveras pas en un coup de baguettes magiques Eina !
_ Mais aide-moi !
je crie. Qu'est-ce que tu attends ! Pourquoi tu te tais, je n'en peux plus Bill ! Pitié, ne me redis pas un « ce n'est pas à moi de le faire » au risque que je t'envoie ma main à la figure !
Ses poumons se remplissent et se déchargent d'air dans un rythme assez impressionnant, il n'aime pas nos disputes, je le sais. Je ne les aime pas non plus, je les déteste. Seulement je prends son silence pour de la trahison, comme s'il préférait me laisser me torturer entre mille souvenirs plutôt que de les éclaircir.
_ S'il te plait, je supplie une dernière fois.
Il bascule la tête, je vois bien qu'il hésite. Il ne veut pas que je lui en veuille, je comprends alors qu'en l'attendrissant un peu, je pourrais peut-être parvenir à mes fins.

_ Je ne te le pardonnerai pas si tu me caches quelque chose d'important Kaulitz.
Il grimace et plonge ses yeux dans les miens. J'essaye d'être le plus crédible possible. Il pousse un long soupir agacé, ne sachant plus ce qu'il doit faire ou non.
_ Le garçon sur la photo, dit-il, je le connais.
J'essaye de retenir un sourire victorieux qui tend à emprunter le contour de mes lèvres. Je pince ses dernières légèrement et me reprends.
_ C'est qui ? j'insiste.
_ Je ne peux pas Eina ! Je ne peux pas te le dire.
Je fronce les sourcils, déçue que la victoire ait été de si courte durée et que j'en ressorte avec si peu d'informations. Je croise les bras, décidée à ne pas le laisser partir comme ça.
_ J'en veux plus Bill, t'as pas le droit de me laisser comme ça maintenant. C'est qui ce garçon ! C'est qui pour moi ?
Il prend sa tête dans les mains et se masse énergiquement le crâne. Il est tourmenté, il étouffe sous ce que dicte sa conscience et ce que moi, je lui demande de faire. Il me fait de la peine, se torturant ainsi à cause de moi. Je n'ai jamais voulu lui faire de mal, ne serait-ce qu'un peu. Tellement que j'en abandonne mon propre objectif.
_ Laisse tomber Bill, ce n'est pas grave.
Il me questionne alors du regard, très étonné. Je lui souris et lui souffle que je l'aime. Sans vraiment savoir pourquoi je fais ça. Et lorsque je me retourne pour reprendre mon chemin et m'en aller en direction de l'aéroport, je tombe nez à nez avec Monsieur « je suis le mec le plus bizarre du monde », j'ai nommé : Gustav. Ce dernier me regarde d'un ½il mauvais et m'empêche catégoriquement de poursuivre ma route.
_ Qu'est-ce que tu me veux, toi ? je l'agresse.
_ Tu veux t'en aller où comme ça ?
_ T'es mon père ?
[pourquoi pas, imaginez, Gustav le père d'Eina ! Choc !]
_ Je n'ai pas besoin de l'être pour te poser cette question et même que si tu veux tout savoir, je t'interdis de fuir les Bahamas en ce moment.
_ Ah oui et pourquoi ? Il y a une bande de sauvage qui m'attend à la sortie de l'hôtel pour m'attacher à un arbre ?
_ J'ai dis quitter les Bahamas, pas l'hôtel.
_ Oh puis laisse-moi passer, tu m'ennuies.

Je le bouscule sans élégance et sans douceur afin de dégager un passage. Mais il ne semble pas être de bon c½ur ce jour là, comme les autres d'ailleurs. Il m'arrache le bras [enfin presque] et m'oblige à rester près de lui.
_ Aïe ! j'hurle, mais t'es une vraie brute !
_ On va dans la chambre de Georg, il faut qu'on parle tous.
_ Tout le monde n'est pas concerné par ma vie familiale, surtout pas toi d'ailleurs.
_ Il n'y a aucune discussion possible. Avance.

Je le regarde avec des yeux sortant de leurs orbites. Non mais pour qui il se prend celui-là !
Avec un peu de retard, je me rends compte que Bill n'est plus là. Et pendant ce temps d'inattention, le batteur s'empresse de me prendre dans ses bras. Plus musclé que moi [triste et injuste nature], il arrive à me garder hors du sol pendant que je me débat du mieux que je peux.

_ Tu aimes te faire remarquer Eina ?
_ Qu'en cas de grande urgence. Laisse-moi partir !
_ Hors de question. Et puis tu devrais vraiment rester, ton frère va venir.
_ Mon frère ?
_ Will.

J'avais oublié que cet abruti de batteur connaissait mon cher frère. La nouvelle explose dans mon esprit. Voir Will ? C'était la mort assurée de mes vacances, déjà qu'elles étaient mal parties pour être bonnes, cette fois c'était carrément une catastrophe qui s'abattait sur elles.
_ REPOSE-MOI AU SOL TOUT DE SUITE ! j'hurle comme une timbrée.
Un couple se retourne vers nous, l'air complètement ahuris. Je pourrais parier qu'il songe à l'idée de m'envoyer dans un asile. En réponse à cette pensée je leur tire la langue, plus ridicule que jamais.



***

En effet Eina c'est d'un R.I.D.I.C.U.L.E !
J'avoue que je me suis bien marrée sur la fin.
Désolée, je n'ai pas pu accéder à l'ordi durant une semaine et ensuite je suis tombée malade. --" D'où mon retard.
En espérant que ça vous ai plu.
Bisous les gens. <3

# Enviado el lunes 03 de agosto de 2009 04:57

Modificado el domingo 09 de agosto de 2009 05:19

Deux vies.Chapitre 24 : Il est parfois préférable de mourir dans l'ignorance. Trop tard...

Deux vies.Chapitre 24 : Il est parfois préférable de mourir dans l'ignorance. Trop tard...
Il y eut quelques instants où j'hésitai à m'enfuir. Je crois même ne pas vraiment avoir hésité, je voulais m'enfuir. Mais je suis toujours là, planté devant lui et ces trois pairs d'yeux qui me fixent lourdement. Je ne me souviens pas d'avoir déjà vu Will pleurer, ou s'il l'avait déjà fait, ce n'avait jamais été devant moi.
Tremblante, je m'agenouille devant lui et prend ses mains dans les miennes. Il rouvre ses yeux humides et me donne un vague sourire.

_ Will... qu'est-ce qu'il y a ? je demande, naïve.
Même si lui et moi n'avons jamais été très proches, le voir dans cet état me serre le c½ur. Il reste mon frère, quoi qu'il arrive.

_ Je dois te parler, dit-il calmement.
Il s'arrête là brusquement. Il fronce légèrement les sourcils en regardant par-dessus mon épaule. Je me retourne et remarque que Georg soutient le regard de mon frère d'un air menaçant. Je m'éloigne un peu de façon à avoir une vue sur les deux et je m'aperçois qu'ils se lancent des foudres rien qu'à travers leurs yeux.
_ A moins qu'il ne préfère le faire, ajouta Will.
_ Non, fais-le, répondit sèchement Georg.
Stupéfaite, je relève un sourcil. Qu'est-ce qui se passe avec ce fichu bassiste encore ?
_ Je ne comprends pas, pourquoi vous vous parlez mal, vous ne vous connaissez même pas.
Georg tourne la tête dans ma direction et d'un air mauvais il me crache au visage :
« Et alors ? Toi non plus tu ne me connaissais pas au début de notre rencontre ici. »
Je n'apprécie que très peu l'allusion et croise les bras.
_ Si t'as un problème Listing, je ne t'oblige pas à trainer dans mes pattes.
Gênés, Gustav et Bill sortent de la chambre. Pendant ce temps Will éclate de rire en secouant la tête. Le musicien, lui, serre ses poings violement, canalisant une certaine colère que je n'avais jamais vu monter chez lui. Tellement que je croyais même qu'il ne s'énervait jamais.
_ A ce que je vois, t'as pas vraiment fait le nécessaire pour la rallier à tes côtés, ricana mon frère.
_ Mais la ferme ! hurla Georg.
_ Je croyais que c'était à moi de le lui dire. Si je dois me la fermer ça va être dur.
_ T'es vraiment qu'un tas de fumier.
_ Mais tu vas la boucler le petit bassiste
, je m'emporte. Tu crois que t'as tous les droits parce que t'as du fric ou quoi ?
Ça n'a sûrement duré qu'une seconde, mais ça m'a paru durer une éternité. Lorsqu'il a tourné son visage face au mien, j'ai découvert un tout autre Georg. Il avait les traits crispés, nerveux et inquiets. Son front était plissé et ses yeux qui s'humidifiaient peu à peu lui donnaient un air triste que je n'avais même pas osé imaginer. J'ai du reculer de deux pas, même pas, avant qu'il ne s'exclame brusquement :
« Mais c'est moi ton frère ! »
Cette fois-ci, ce n'est plus de deux pas que je recule, mais bien plus. Je manque de tomber avant de sentir mon dos reposer contre le mur. Un silence submerge l'espace jusqu'à ce qu'un murmure vienne le briser tendrement.
« Eina... »
_ Toi qui disais qu'il fallait y aller doucement, c'est raté, cracha Will.
Je les regarde successivement, ne sachant plus de quelle manière les voir. Mais comment ai-je pu me rendre compte de rien ! C'était tellement évident ! Il était là, sous mes yeux et je n'y voyais rien à part la peur. Les indices n'étaient pourtant pas en infériorité numérique, il m'avait donné tous les éléments de l'énigme. Mais j'y suis restée impassible. Parce que je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas le croire.
Pendant quelques instants, j'ai l'impression que mes membres me lâchent, qu'ils vont s'écraser lourdement au sol sans que je ne puisse rien y faire. Je me sens paralysée et perdue, étouffée par la révélation. Et sans prévenir, sans même que je ne sache comment et pourquoi, mes jambes se délient pour s'échapper.

_ Eina ! hurlèrent-ils en même temps.
Je les entends s'injurier tout en me coursant. Finalement, c'est Will qui me rattrape. Et il me semble que pour la première fois, il ressent ne serait-ce qu'un peu de tendresse pour moi.

_ Tu l'as toujours su ! je crie, tu l'as toujours su et tu ne m'as rien dis ! C'est pour ça que tu ne m'as jamais aimé, tu ne m'as jamais regardé comme ta s½ur !
Des larmes de rages dévalent le long de mes joues, je ne prends même pas la peine de les rejeter. Georg s'est stoppé plus loin et il observe la scène avec tristesse. Will ne sait plus quoi faire, je le sens bien. Il lève la tête au plafond mélancoliquement et souffle mon prénom.
_ Tu m'as toujours détesté au fond, j'ajoute.
_ Ce n'est pas vrai Eina. Quand tu étais petite je jouais avec toi, je t'amenais à l'école, je venais près de toi quand tu faisais des cauchemars. C'est toi qui as toujours cru que je te détestais.
_ Alors raconte-moi, raconte-moi pourquoi ça a tant changé.

Un silence inquiétant remplace soudainement nos cris. Ces yeux s'embuent de larmes et il baisse la tête.
_ Si je suis lointain avec toi c'est parce que j'ai l'impression d'avoir pris la place d'un autre. Ce n'est pas moi ton frère.
_ Arrête ! Arrête, je sanglote.
Mais il n'arrête pas, il ne m'écoute plus. Je le vois bien, je le ressens. Ses yeux sont noyés dans le vide, noyés dans des souvenirs que je n'ai pas.
_ Il pleuvait ce jour là. Un peu comme aujourd'hui. Et il y avait cette femme, elle était rentrée dans la pharmacie d'un air paniquée avec une gamine dans les bras. La petite était malade et la mère n'avait pas d'argent. Je peux encore revoir les yeux de mon père ce jour là, il voyait un miracle en cette venue. Il a demandé à la mère de donner son enfant.
Le bassiste, non loin derrière nous, avait baissé la tête. Il pleurait. Je le sentais, je l'entendais.
_ C'était-moi ? je demande.
Will hoche la tête craintivement avant de soupirer de lassitude.

_ En échange, papa donnait chaque mois de l'argent à ta famille. C'est pourquoi il est si riche et populaire, dit-il en désignant Georg.
_ Toi et ta famille n'êtes que des monstres, réplique ce dernier.
_ Tu ne sais pas de quoi tu parles, sans nous Eina serait morte !
_ Ça n'excuse rien ! Du jour au lendemain on m'a enlevé ma petite s½ur, tu ne comprends pas le vide que ça à fait dans notre famille ! Mes parents se sont séparés après s'être déchirés à en mourir !
Tandis que mes deux « frères » s'entretuent à coups de mots désobligeants, je sens ma tête exploser, mon être se décomposer. Je n'arrive plus à me situer dans ce monde, savoir à quoi j'appartiens. Je ne me retrouve nulle part. Je suis une partie d'un monde et une partie d'un autre. Au fond, je l'avais toujours su. Quand le matin je me réveillais et que je haïssais chacun de ses décors de luxe, je le savais. Quand je faisais la guerre avec Shany qui était le prototype opposé de ma première famille, je le savais. Quand mes cauchemars me montraient une femme me jetant au bord d'une falaise, je le savais. Quand je voyais ces enfants tristes, je le savais. Quand j'entendais ces voix, cette voix... je le savais. Je l'ai toujours su. Jamais accepté.
_ Taisez-vous ! hurle-t-on soudain.
Je me retourne, Shany est là. Georg et Will ne prononce plus un mot mais continuent de s'entretuer à travers leurs regards. Je me rends compte que ma respiration est haletante, comme si j'avais couru un long marathon. La blonde s'approche de moi et pose sa main sur mon épaule de manière rassurante.
_ Vous ne trouvez pas que vous êtes un peu égoïstes ? s'égosille-t-elle, si on vous apprenais que vous n'étiez pas celui que vous croiyez, vous pensez que ça vous amuserait d'entendre à côté de vous, au même moment, deux abrutis s'insulter bêtement !
_ Shany, je tente, tu sais, je...
_ Shanzey, reprend t'elle, ma famille m'appelle Shanzey.
Alors c'était pour ça. Elle savait que j'appartenais à son clan, elle savait que j'étais sa s½ur. Ou plutôt, sa demi-s½ur.
_ Je voulais juste que tu te souviennes Eina, marmonne Georg, je ne pouvais pas te laisser partir une deuxième fois. J'espère que tu comprendras.
Je ne me sens pas capable de répondre. Ni quand il dévale les escaliers en retenant ses larmes, ni même quand son regard attristé croise le mien. Je le laisse partir sans un semblant de réponse, observe Will que je n'arrive plus à appeler « mon frère » et pars dans la direction opposé, n'essayant plus de comprendre quoi que ce soit.
_ C'est moi qui avait mit la photo dans ta chambre, bredouille-t-on mesquinement derrière mon dos lorsque je me retrouve dans un autre couloir.
Je m'attendais à tout sauf à lui. Je sèche rapidement et vulgairement mes larmes avant de lui faire face. Il à les bras croisé et les sourcils froncés, l'air peu amène. Décidément, aujourd'hui on veut ma peau.

_ Qu'est-ce que tu veux Gustav ?
_ Tu dois pardonner Will.
_ T'as pas à me dire ce que je dois faire.
_ Et je veux qu'Alexane laisse Chloé faire ce qu'elle veut.
_ Alexane n'a jamais interdit quoi que ce soit à Chloé.
_ Ça c'est ce que tu crois.

Ma vie n'est-elle donc qu'une longue et interminable mascarade ?

***

A l'origine je n'avais pas vraiment prévu ça, ça devait se dérouler autrement mais finalement, c'est peut-être mieux ainsi.
Ce n'est bien sûr pas terminé (elle est interminable cette fiction, je n'en peux plus xD)
Pardonnez-moi du retard. Je crains.
J'espère que ça vous a tout de même plu et que vous avez passé une bonne rentrée (trop HS).
Encore une fois, je n'aurais pas internet cette semaine (ya pas encore internet dans ma résidence, ce que ça m'énerve. --")
Pensez à moi qui vais passer toute la semaine dans un petit appartement TOUTE SEULE !
Quelle tristesse. Je serai bien obligée d'étudier pour passer le temps.
J'ai même pas la télé quoi ! [oulalala, je suis sûre qu'on peut faire de ça une tragédie xD]
Bon allez les people, je vous laisse, encore merci pour tout, je vous aime keuah ! =D

P.S : j'ai une souris de merde qui marche pendant 2 minutes toutes heures. Je crois que je l'ai cassée, vous en pensez quoi ?

Dernière chose, petits messages que je tiens à donner à des personnes tout particulièrement.
Tout d'abord, Low.
Voilà plus de deux ans que je speak avec toi et je voulais juste te dire que je t'aime et que je t'oublie pas mon petit double Bourgignonne. J'espère que tout va bien pour toi. Tu me manques, tu me manques. <3

Ensuite Feufeu the hot dogy, ou Love, ou Mayanette, ou la violeuse, ou la folledingue (muahaha).
Je voulais te dire I Love youuuuu ! Tu me manques aussi énormément.
Viens en Vendée merde ! Je t'attends ! =D
Je compte t'envoyer un ti' message ce soir. ;)

Chachounette :
Je pense à toi à la Fac, sachant que tu veux faire la même chose que moi l'année prochaine et dans la même université.
Je peux pas encore te dire si c'est bien ou pas parce que je n'ai pas encore commencé. Tout ce que je sais c'est que l'emploi du temps c'est de la grosse daube ! Je comprends rien ! xD
(je rajoute que ça y est, j'ai commencé, et en fait c'est plus dur que je ne le pensais --")

Et puis à tous mes lecteurs anonymes et ceux dont je n'ai que le nom :
N'ayant pas votre blog je ne peux hélas pas vous répondre mais sachez que je vous remercie mille fois pour votre soutien. Vos commentaires me font énormément plaisir. De gros bisous à vous tous.

ça y est, j'ai fini. x)

# Enviado el miércoles 26 de agosto de 2009 10:52

Modificado el sábado 19 de septiembre de 2009 03:30

Deux vies.Chapitre 25 : Quand on enlève les noeuds d'un fil, ce dernier devient mou, ondulé et il faut quelque temps pour qu'il redevienne droit et lisse. Pour la vie, c'est la même chose.

Deux vies.Chapitre 25 : Quand on enlève les noeuds d'un fil, ce dernier devient mou, ondulé et il faut quelque temps pour qu'il redevienne droit et lisse. Pour la vie, c'est la même chose.
_ Comment veux-tu que je comprenne, tu ne m'as jamais adressé la parole depuis ce soir là ! hurle Alexane.
_ T'as jamais essayé de comprendre, ni même de savoir, lui reproche Chloé d'un ton peu amène.
_ Et qu'est-ce que je devais comprendre ? Tu ne m'as jamais rien expliqué, t'as juste coupé les ponts du jour au lendemain !
Depuis le bas de l'escalier je les observe, je les écoute. Et comme Alexane, je ne comprends rien. Leurs cris stridents me parviennent aux oreilles comme un bruit sourd et dénué de sens. Comme si elles criaient dans le vide.
Gustav est derrière moi, il n'a pas bougé depuis plusieurs minutes. Lui aussi, il regarde. Mais contrairement à moi, je crois qu'il sait, qu'il y voit plus clair. Cependant, je n'ose pas lui poser de questions, le trouvant trop arrogant dans ses réponses. Mais à la place de ça, c'est lui qui entame une conversation.

_ C'était moi, la photo, avoue-t-il.
Je me rappelle de cette photo, celle que Bill avait gardée. Moi, petite, entourée dans les bras d'un garçon que je ne reconnaissais pas. Je crois maintenant savoir qui était cet enfant, surement Georg. Mon frère. Ou du moins, mon frère biologique. Cette idée me fait échapper un léger gémissement de douleur. Pourquoi n'avais-je donc rien vu... j'ai du lui faire tellement de mal.
_ Comment ça c'était toi ?
_ C'est moi qui l'avais mise dans ta chambre, pas Shany. Tu n'y voyais rien, t'arrivais pas à comprendre que c'était Georg ton frère, t'arrivais pas à mettre la main dessus, à comprendre pourquoi il était si proche de toi. Je crois que j'ai pourtant tout essayé pour que tu comprennes. Tout. Et puis Will m'avait appelé ce soir-là, je lui avais expliqué que tu ne savais toujours pas. Il m'a ordonné de mettre la photo dans ta chambre. Pardonne-moi Eina mais t'es tellement aveugle, on n'avait pas le choix.
_ On ?

Il soupire et baisse légèrement la tête, comme gêné. Cette révélation me fait froid dans le dos, comme si une lame de fer caressait ma colonne vertébrale. J'avais le sentiment d'avoir été manipulée pendant plusieurs semaines, sans jamais m'en être doutée une seule seconde. Le sentiment d'être naïve, un peu trop, et puis fragile, bien trop.
_ Will et moi avions tout prévu, il m'avait raconté tellement de choses sur toi. Ça le faisait souffrir et c'était mon ami. J'ai juste voulu l'aider. Il m'avait dit que tu partais en vacances aux Bahamas et dans quel hôtel, je me suis alors débrouillé pour qu'avec le groupe on passe les mêmes vacances, au même endroit. Ensuite, il ne restait plus qu'à t'aborder. Tom a été d'une grande aide, sans s'en rendre compte le pauvre. Il est tellement stupide...
_ Toi et Will êtes dégueulasses.

Il fronce les sourcils, me retourne violemment et me colle brusquement contre le mur. Ses pupilles sont d'un noir féroces, elles me donnent l'impression de me transpercer, lentement, méchamment, sadiquement...
_ T'en as pas marre d'être une petite gamine pourrie gâtée ? me crache-t-il.
_ De quel droit tu me dis ça ! Tu dis que Tom est un abruti mais tu ne te rends pas compte à quel point, toi, tu es doublement plus détestable !
_ Ne me compare pas à lui, je t'en prie, il ne fait pas le poids.
_ C'est fou ce que je suis aimé
, rétorqua une voix derrière nous.
C'était Tom qui était arrivé, accompagné de Will, Shany et Georg. Mes deux « frères » ont leurs yeux fixés sur moi, ça y est, je suis devenue de centre d'intérêt favori. Je pousse un long soupir et tente de me relâcher de l'emprise de Gustav, ce fut un échec.

_ Ote tes sales pattes, j'ordonne.
Alexane et Chloé ont arrêtées de se disputer, alertées par nos cris. Les deux s½urs ont chacune les bras croisés et nous regardent successivement d'un air mauvais.

_ Quoi ! je m'énerve.
_ Vous nous observiez ? demande Alex.
_ T'as trouvé ça toute seule ou t'as un système d'information implanté à l'intérieur du crâne ? ironise Chloé.
_ Et toi, on t'a pas greffé le meilleur système de répliques bidons ?
_ Ah non ! Vous n'allez pas recommencer hein ! Une Chloé ou une Alexane ça me suffit ! Deux en colère, ça m'agace.
_ Je crois que ce n'est pas à toi d'être agacée là, mais à moi
, s'énerve mon amie.
_ A nous, corrige Chloé.
_ Je croyais que le « nous » avait été anéanti en ce qui concerne toi et moi ?
Bon ok, à savoir qu'en ce qui les intéresse là, elles peuvent continuer encore longtemps. Alors soit je crie et je rends toute la peuplasse sourde ainsi que moi et alors là c'est la catastrophe, je ne peux plus continuer l'histoire à part pour vous faire un long monologue intérieur sur ce que je vois et pense ; soit on se barre. Votre avis ? On se barre ? Ok, je me casse.
_ Tu ne bouges pas ! crie Gustav alors que je tente m'échapper.
Il m'arrache les poignets tandis que je le foudroie du regard. Mais il m'ignore et ne me lâchant pas, il pose son regard sur Chloé qui d'un coup se tait, le fixant étrangement. Ce mec est-il magicien ? Ou a-t-il la capacité de figer les gens ? [Yeeeh ! En fait Gustav c'est Piper de Charmed muahaha ! Ok, je sors. --"]

_ Dis-lui, ordonne-t-il, maintenant !
Mais la jolie brune ne dit rien. Elle le regarde d'un mauvais ½il, les bras croisés et attend silencieusement.
_ Mais dis-lui, s'énerve le batteur, c'est ta s½ur !
_ Je peux savoir ce qu'on est sensé me dire là, c'est désagréable
, s'interpose Alex.
_ Si ta s½ur t'en veut c'est parce que...
_ C'est à moi de lui dire !
interrompt Chloé.
_ Alors vas-y, dis-lui.
Elle baisse la tête et laisse échapper un grognement. Tom et Shany préfèrent s'en aller discrètement alors que Will donne un regard compatissant à Gustav. Georg quant à lui, m'ignore et passe son temps à éviter mes coups d'½il.
_ J'avais honte, débute Chloé, et je pensais que c'était de ta faute.
_ De quoi tu parles ?
s'étonne Alex.
_ De Gustav. Et de moi. Je l'avais rencontré grâce à Will, je n'étais pas sensée tomber amoureuse.
Je lance un furtif regard à Will, lui faisant comprendre mon mécontentement. Comment a-t-il pu ne rien me dire s'il connaissait les raisons de la mésentente Chloé-Alex !
_ Mais ça ne s'est pas passé comme prévu et puis toi, tu te serais moquée de moi si je te l'avais dis, t'aurais même essayé de me dissuader de le quitter. Du moins c'est ce que je croyais, alors je l'ai fait avant que tu ne me le demandes.
_ Comment j'aurais pu te demander de quitter cet abruti de batteur si je n'étais même pas au courant ?
nota Alexane d'un air blasé.
L'abruti de batteur concerné fronce les sourcils d'un air mauvais dans sa direction, lui faisant remarquer son impolitesse. Alex lui souffle un léger « désolée » suivi d'un battement de bras peu convainquant.

_ J'étais en colère, se justifie Chloé, je ne savais même pas vraiment pourquoi et puis t'as jamais essayé de comprendre pourquoi j'avais été si énervée et pourquoi je t'en voulais.
_ T'avais coupé les ponts, tu ne répondais même pas au téléphone !
_ Je sais bien. Mais une fois que je me suis rendue compte de ça il était trop tard et la guerre entre nous avait déjà éclaté. Que voulais-tu que je fasse ?
_ J'aurais voulu que tu viennes me parler Chloé, ça me parait évident.
_ Ce n'était pas si facile.

Un silence s'installe. Alex ne sait plus où se mettre, hésitant entre la serrer dans ses bras ou trouver un reproche de plus à faire à son double. Je décide qu'il est temps pour moi de m'écarter de cette histoire et de les laisser régler leurs comptes seules. En passant près de Will je lui souffle un « t'aurais quand même pu me le dire » avant de m'enfuir.
Il me suit dans les couloirs, courant pour essayer de me rattraper et me demandant de l'écouter. Mais je n'en fait qu'à ma tête et l'ignore complètement. Comme s'il était de la poussière, une vulgaire poussière sur un carrelage froid, glacial.

_ Ça ne te regardait pas ! crie-t-il, et c'était à Chloé d'en parler, pas à toi, ni moi.
Je ne réponds rien et continue mon chemin, irritée.
_ Eina... murmure-t-il, je sais que j'ai fait beaucoup d'erreurs avec toi. Mais je t'ai toujours aimé comme ma propre s½ur, même si j'avais toujours su que tu ne l'étais pas vraiment.
_ Tais-toi
, j'hurle, les larmes aux yeux. Ça aussi, t'aurais pu m'en faire part, comment t'as pu te taire ! Tu savais pourquoi je faisais des cauchemars, tu savais tout et tu ne m'as jamais rien dit !
_ Encore une fois, ce n'était pas à moi de le faire. Et puis c'est pour ça que je t'évitais toujours, je n'aimais pas discuter avec toi et t'entendre parler de toutes ces choses bizarres qui tournaient dans ta tête sans pouvoir te dire de quoi il s'agissait.

Il continue son monologue mais mon esprit est déjà ailleurs. Quelque chose à travers la fenêtre m'intrigue. Tom est dehors, assis sur un banc et Shany s'enfuit en courant plus loin, effaçant quelques larmes qui dormaient sous ses cils.
_ Ecoute Will, on en reparlera plus tard, d'accord.
Sans lui laisser le temps de répondre je me précipite dans les escaliers pour sortir et retrouver le guitariste qui, bien que désagréable, me semble toujours plus sympathique qu'autrefois.
Mais une fois près de lui, je ne me sens pas à l'aise. Il a la tête dans les mains, s'empêchant surement de verser quelques larmes. Je m'approche tout de même et pose une main sur son épaule. Il jette un coup d'½il vers moi et retourne à la contemplation du sol grisâtre.

_ Qu'est-ce que tu me veux boucle d'or ? renifle-t-il.
_ Qu'est-ce qui ne va pas ?
Il rigole légèrement et bascule la tête de droite à gauche en soufflant « n'importe quoi ».
_ Depuis quand tu t'intéresses à ma santé mentale toi ?
_ C'est à cause de Shany ?
_ Oh, elle...
dit-il en haussant les épaules. Non, pas du tout, je m'en fiche bien.
_ Quoi alors ?

Il relâche ses mains et remet son dos droit, me regardant étrangement.
_ Rien. T'avais juste raison, je suis nul, je suis chiant et je fais fuir tout ceux qui m'entourent.
_ Tu crois que j'ai dis autant de choses ?
_ Non, t'en as dis plus, mais ce n'est pas grave.
_ Qu'est-ce qui se passe Tom ?
_ Pourquoi tu veux le savoir ?
_ J'en sais rien, c'est vrai. Et toi, pourquoi tu ne veux rien dire ?
_ Parce que ça ne te regarde pas.
_ Pas faux. En tout cas, sache que Shany a vraiment des sentiments pour toi donc si tu veux la larguer, fait le en douceur.
_ Non mais de quoi je me mêle, tu ne l'aimes pas en plus !
_ Depuis qu'elle sait que je suis sa demi-s½ur, elle a vaguement changé. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une fille bien et très modeste mais elle ne mérite pas qu'on la fasse souffrir.
_ Arrête de grandir Eina, t'étais plus drôle avec un poids chiche dans le crâne.
_ Merci, très aimable.

Je m'en vais nonchalamment et l'entends rigoler doucement derrière mon dos. Ça me fait décrocher un léger sourire et je m'éclipse doucement.
Lorsque j'arrive dans ma chambre, quelqu'un y est déjà. Il a un coude qui repose sur le coin de la fenêtre et regarde au travers de celle-ci. Je referme la porte de la pièce et me place derrière lui. J'attends pendant quelques minutes, sans savoir quoi attendre.

_ Qu'est-ce que tu fais là ? je demande.
_ Je ne sais pas trop, je voulais te voir.
Je baisse la tête et la laisse tomber sur son épaule. Il ne dit rien mais j'imagine très facilement un sourire se dessiner sur ses lèvres.
_ Je suis désolée, dis-je, si je l'avais pu, je t'aurais reconnu.
_ Tu l'as fait.

Je fronce les sourcils et m'écarte. Je m'assois sur le lit et le regarde avec insistance. Il me sourit et s'accroupit face à moi.
_ Quand tu avais peur de moi, tu me reconnaissais. Quand tu te confiais à moi, tu me reconnaissais. Quand tu ressentais cette émotion étrange à mes côtés, tu me reconnaissais. Quand tu faisais ces cauchemars, tu me reconnaissais. Mais tu n'en étais pas consciente, c'est tout.
_ C'est tout ?
je m'étonne.
Il rit et m'embrasse la joue. Je le regarde avec des yeux ronds comme des billes, me demandant s'il avait réfléchi longtemps à tout ça avant de pouvoir me le dire avec tant d'aisance.

_ Tu sais ce n'est pas grave Eina, le principal c'est que maintenant tu sais.
_ Je ne voulais pas te faire souffrir...
_ Je le sais ne t'inquiète pas.

Je souris à mon tour et ouvre mes bras, l'invitant à s'y loger. Il le fait tout en riant et me serre comme si c'était la dernière fois. Je me sens soudainement légère et libérée. Oui, libérée. Libérée de 13 années de mensonges.
_ Pourquoi on nous a fait ça ? je demande dans un soupir.
_ Ça petite s½ur, c'est la seule chose que je ne sais pas. Pourtant crois-moi, j'y ai réfléchi longtemps...

***

Tadam ! Gott, je crains avec mon retard incessant.
Franchement je suis désolée les gens, je vous remercie de tout c½ur d'être encore là, je ne sais pas comment vous faites. x)
Maintenant deux solutions se posent à moi. Soit je continue Eina un petit peu (environ cinq chapitres de plus), soit je fait le dernier chapitre pour la prochaine fois (c'était ma première idée mais j'hésite). Je voudrais votre avis, qu'est-ce qui vous intéresse le plus ? Sachant qu'ensuite j'en refais une autre (je ne sais pas quand j'arrêterai ce blog... je n'y arrive pas ^^).
Bref, je vous écoute, pour ce que je viens de demander et pour vos impression sur le chapitre ci-dessus.
Bisous à tous. =D

# Enviado el domingo 18 de octubre de 2009 15:04

Modificado el lunes 19 de octubre de 2009 13:15

Deux vies.Chapitre 26 : Foutus adieux.

Deux vies.Chapitre 26 : Foutus adieux.
_ Eina, c'est le grand jour, soupire Alex.
Elle relooke ma chambre de ses grands yeux verts émeraude d'un air nostalgique. Je l'imite. Moi aussi, ça me manquera.
Moi non plus, je n'aurais pas imaginé ça lorsque je mis mes premiers pas dans cet hôtel.
Je me souviens encore de l'émerveillement que j'avais eu, le jour où nous étions arrivées. Je me souviens de ma rencontre avec chacun des membres du groupe, je me souviens de nos stupidités, de nos disputes, de mes cauchemars aussi, puis de tout. Je me souviens de tout.
Mais voilà il est temps de partir. Temps de dire au revoir au passé, temps de dire au revoir aux vacances, temps de dire bonjour à l'avenir. Aussi effrayant soit-il.

_ Ça me manquera à moi aussi, je murmure.
_ Je déteste le temps, tu le sais ça ?
_ Je le déteste aussi
.
Et aujourd'hui plus que tout.
Je lance un léger sourire à mon amie qui me rend aussitôt. Quelqu'un frappe à ma porte à ce moment là et tandis qu'Alex soupire, je crie que la porte est déjà ouverte. Comme je m'y attendais, c'est Georg qui se trouve derrière.

_ Je peux te parler, avant que tu ne partes pour de bon ? demande-t-il.
_ Bien sûr.
_ Bon, l'intermède vous laisse seuls,
rechigne Alex, on ne lutte pas contre la famille.
Elle n'a pas encore digéré son histoire avec lui. Elle ne lui a toujours pas pardonné d'avoir essayé de se rapprocher de moi en se servant d'elle. D'ailleurs moi non plus, pas vraiment. Mais je suis trop heureuse de le retrouver pour le lui reprocher.
_ Ce n'est pas ce que tu crois Alex, dit-il.
_ Arrête, inutile de te chercher des excuses.
Alors qu'elle claque la porte, j'entends mon frère soupirer légèrement, embarrassé.
_ Elle ne me le pardonnera jamais ? demande-t-il.
_ Laisse-lui le temps.
_ Tu sais, j'étais sincère avec elle. Je l'apprécie vraiment.
_ Mais tu t'es servi d'elle
, je rappelle.
_ Pas vraiment. Oui, ça m'arrangeais d'être proche d'elle parce que j'étais proche de toi par la même occasion. Mais je ne lui ai jamais menti sur mes sentiments...
_ Dis-le lui la prochaine fois.
_ Elle ne m'écoute pas.
_ Elle t'écoutera.

Il relève un sourcil et pose ses yeux sur moi de manière insistante. Je hausse les épaules et détourne mon regard.
_ Tu vas me manquer, dit-il.
_ On va se revoir rapidement Georg.
_ Tu veux toujours de moi dans ta vie ?
_ Je viens de retrouver mon frère, ce n'est pas pour l'enterrer une deuxième fois au fin fond de mes souvenirs.

Il rit et me serre dans ses bras. J'entends son c½ur battre paisiblement...
_ Et Shany ? Ça ne te fait rien qu'elle soit ta s½ur ?
_ Pas que ça m'enchante mais je vais faire avec.
_ Rentre bien petite s½ur. Je t'appelle quand je suis de retour en Allemagne.
_ J'y compte bien.

Il m'embrasse la joue avant de se retirer de ma chambre. Après un dernier soupir, je range toutes mes affaires dans mes immenses valises que ferai porter par quelqu'un d'autre. Surement étais-je une salle gosse pourrie gâtée. Oui mais tant pis, tant mieux, j'ai pu apprendre à l'accepter.
En descendant les escaliers, je croise mon très cher guitariste. Son air arrogant n'avait pas disparu, je crois que mes querelles avec lui non plus, mais j'étais tout de même heureuse d'avoir encore un peu affaire à lui, au moins pour lui dire au revoir.

_ Comme c'est drôle, dit-il, l'endroit de notre rencontre devient l'endroit de nos adieux boucle d'or.
_ Et tu trouves ça drôle ?

Il hausse les épaules et fourre ses mains dans ses poches, comme il a l'habitude de le faire.
_ Franchement Kaulitz, même tes airs de gamins malpolis vont me manquer.
_ Vraiment ? Bizarrement, moi, tu ne me manqueras pas.
_ Je m'en doutais.
_ Mais je garderai un souvenir de toi, t'inquiète pas, il sera difficile de t'oublier.
_ Je ne sais pas si je dois le prendre bien ou mal mais n'y répond pas, je préfère ne pas savoir.

Il esquisse un vague sourire et me lance un tape amicale sur l'épaule. Avant de s'échapper, je l'entends souffler très légèrement « Allez, à bientôt Eika ». Si légèrement que je me demande s'il tenait vraiment à ce que je l'entende.
_ Eina... je m'appelle Eina. Pas Eika, je murmure pour la dernière fois.
Les émotions sont fortes. Je sens même mon c½ur se serrer méchamment, j'ai le désagréable sentiment de tuer une partie de moi, une partie de mon histoire ; comme si trop de choses avaient changées.
Dans le salon, je passe devant Chloé et Gustav. Cependant, je n'ose pas les déranger, pensant qu'ils étaient surement trop contents de se retrouver, eux-aussi. De toute façon je les reverrai, normalement.
Je m'aventure alors sur les jolies allées bien entretenues de l'hôtel. Alexane m'attends devant le grand portail, trainant derrière elle sa lourde valise. Et alors que je m'apprête à la rejoindre pour quitter cet endroit, une voix douce et mélodieuse m'interpelle.

_ T'allais partir sans me dire au revoir ?
Je lâche un vague sourire et secoue la tête de droite à gauche. Ses yeux pétillants me rendent toujours aussi dingue, presque autant que la première fois qu'ils avaient pénétré les miens.
_ Je n'aime pas trop les adieux, j'avoue.
Je lâche un léger rire, levant les yeux au ciel.
_ Bill, je ne sais pas comment je vais faire pour apprendre à vivre sans toi.
Il fronce les sourcils et me questionne du regard. Peut-être ne me croyait-il pas, peut-être pensait-il que ce n'était qu'une affreuse blague de mauvais goût. Pourtant, il allait me manquer terriblement. Ses yeux noisettes, son sourire enfantin, son côté protecteur, sa présence...
_ Sincèrement, j'ajoute.
_ Eina... tu sais qu'on se reverra. T'es la s½ur de Georg, au cas où tu ne t'en souviendrais plus.
Je souris. Oui, c'est vrai, ma famille s'est agrandie ces derniers temps. Mais un dernier détail manque à l'appel. Un détail qui me rend nerveuse. Je dois lui dire.
_ Bill, au risque de passer pour une idiote, j'ai une question à te poser.
Il soupire et s'adosse contre un arbre. Il secoue la tête de haut en bas, m'invitant à continuer.
_ Tu sais, quand je t'ai rencontré, je te trouvais puéril et absolument inintéressant. Ma vision de toi a changé depuis. Enfin, je veux dire, tu m'as touché. Je ne sais pas comment l'exprimer, je devrais peut-être juste dire que...
_ Eina
, me coupe-t-il, arrête. J'ai compris.
Je relève mon regard que j'avais laissé planter sur mes chaussures pendant ces quelques secondes vers lui. Il ne sourit pas. Au contraire, les traits de son visage sont plutôt sévères, bien moins innocents qu'ils ont l'habitude d'être. Ses bras croisés ne présagent rien de bon et sa tête qu'il s'acharner à basculer me fait vite comprendre qu'il a hélas vraiment compris ce que je voulais lui dire et qu'il n'est tout simplement pas du même avis que moi.
_ Je ne peux pas Eina, je ne crois pas en nous.
_ Tu entends quoi par là ?
_ S'il te plait, ne complique pas les choses et restons-en là. Je t'aime beaucoup, mais pas comme tu le voudrais.
_ Et c'est maintenant que tu me le dis ?
je reproche.
Il esquisse un vague sourire qui se veut consolateur. Je l'ignore et avant que la honte ne me submerge entièrement, je tente de m'enfuir. Mais comme à son habitude, il me retient, tirant mon poignet violement vers lui.

_ Ne sois pas fâchée, dit-il.
_ Je ne le suis pas. Je suis juste déçu de toi.
_ Parce que je ne veux pas de toi ?
_ Non ! Parce que tu m'as laissé y croire jusqu'au bout.
_ Ce n'est pas ce que je voulais
, soupire-t-il.
Il relève mon menton bien que je me défends comme je peux en ayant l'espoir qu'il ne voie pas mon visage. Mais il est trop tard. Il me voit. Moi, mes joues rougies, mes yeux humides et la grimace s'imposant sur mes lèvres. A son tour, son visage se déforme, mal à l'aise, ou se sentant peut-être un peu coupable.

_Ce n'est pas grave Eina, oublions ça, souffle-t-il.
Je secoue la tête, retire ses mains encore accrochées à mon bras et sors des barrières de ce bel hôtel, rejoignant Alexane devant un taxi.

_ On y va ? demande-t-elle.
Je hoche la tête pour seule réponse.

_ Tu es sûre que tu ne veux pas t'expliquer avec lui avant ?
_ Crois-moi Alex, on s'est déjà assez expliqués comme ça.

Et alors, nous nous en allions. Nous nous en allions en direction de cet aéroport prendre un avion pour ensuite s'envoler vers notre Allemagne natale. Les souvenirs resteront, les sentiments s'envoleront... ce jour là, je me l'étais promis.

***

Je n'avais pas l'envie de bacler cette histoire. Alors je la termine jusqu'au bout, même si je dois rajouter encore plusieurs chapitres qui me tueront à les écrire.
Je ne veux pas massacrer a fin d'Eina.
Alors, non, ce n'est pas encore fini.
J'espère que malgré le ton nostalgique de ce chapitre, il vous a tout de même plu.
Sinon, quant à mon retard, c'est que contrairement à la plupart d'entre je n'ai pas eu de vacances. J'ai passé mon Bafa pendant la semaine de vacances.
Voilà tout. Sinon, j'espère que vous allez tous bien et que vous êtes en forme après cette première semaine de reprise des cours (genre, comme si on pouvait avoir la pêche après la rentrée. xD)
Bisous de mouah.

# Enviado el sábado 07 de noviembre de 2009 10:24

Modificado el sábado 07 de noviembre de 2009 15:32